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La ville de Megève

Posted by Asteriaadmin on 8 ноября, 2020
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Le téléphérique de Rochebrune est mis en service le 10 décembre 1933. C’est la première fois en France qu’on construit un téléphérique pour transporter principalement des skieurs.

L’initiative est due à Charles Viard, entrepreneur de Sallanches et exploitant forestier, qui «avait déjà l’expérience du transport par câble pour descendre les grumes de sapin» (JEANROY, Robert. Le ski dans les années 1930 à Megève. D´après VÉRY, Françoise, SADDY, Pierre. Henry Jacques Le Même architecte à Megève, p. 144) et qui crée alors la célèbre Société des Téléphériques du Massif du Mont-Blanc (S.T.M.M.B., qui réalisa trois an plus tard les téléphériques de Bellevue aux Mouches et du Mont d´Arbois à Saint-Gervais). C’est à la suite de deux hivers consécutifs durant lesquels l’enneigement fut insuffisant (1930-31 et 1931-32), que cette technique du téléphérique fut mise en oeuvre.

Le téléphérique permettait de conduire rapidement les skieurs aux altitudes favorables, évitant ainsi les services d’autocars (MIÈGE, Jean. La vie touristique en Savoie. Grenoble : R.G.A-I.G.A., 1934, p. 265). Le téléphérique de Rochebrune offre pour la première fois la possibilité à des centaines de skieurs d’effectuer uniquement des descentes, «vulgarisant ainsi le ski de piste» (ICHAC, Marcel. Pour ou contre le ski sportif. La Montagne, 60e année, n° 258, avril 1934, p. 128-137)).

La station de Megève connaît alors un regain d’activité, les skieurs se ruent sur Rochebrune cette saison là, délaissant les pentes du Mont d´Arbois praticables, pour encore une année seulement, qu’au bout d’une longue montée à peau de phoque (PRAX, Michèle. La première station de sports d´hiver française. Megève (Haute-Savoie), étude de cas d´une forme d´urbanisation du XXe siècle. Rapport de recherche SRA-EAG, 1985, p. 73). Le départ du téléphérique est implanté à 400 mètres du centre de Megève, au pied de la Croix de Rochebrune. Il donne accès aux pentes de Rochebrune pour tous les skieurs. L’arrivée est située à proximité d’un chalet-refuge, sur des terrains appartenant à Charles Viard qui expliquait plus tard ses choix de la façon suivante : «je possédais en haute montagne un alpage avec chalet dont l’ensemble formait un plateau, le plateau de Rochebrune, à 1800 mètres d’altitude, ce plateau me paraissant réunir toutes les conditions favorables à la pratique du ski; je formai le projet de le réunir par un téléphérique au bourg de Megève» (VIARD, Charles. Lettre au préfet de la Haute-Savoie, 6 juin 1942. In : TATFORD, Brian. Un facteur d´investissement dans l´économie alpine, le rôle des remontées mécaniques dans la mise en valeur des Alpes françaises. Thèse de doctorat. Université de Grenoble-IGA, 1985, p. 128-137).

Dès l’année suivante, les remontées mécaniques connurent un essor sur ce versant de Rochebrune, permettant ainsi la création d’un véritable domaine skiable : en 1935 on réalise un remonte pente parallèle au téléphérique, puis après la guerre sont réalisés plusieurs remonte pentes pour équiper tout le versant et la crête de l’Alpette. Enfin avec la réalisation de la liaison en 1986 entre le versant du Mont d’Arbois et le versant de Rochebrune (voir dossier du téléphérique du Rocharbois), l’équipement a pu être modernisé, notamment avec la construction du télécabine D.M.C. de la Caboche conduisant ainsi directement au sommet de Rochebrune les skieurs qui démarrent depuis le centre de Megève par le télécabine des Chamois.

En bas, la réalisation de la gare de départ entraînera dans son pourtour encore vierge de toute construction, le développement de lotissements de chalets de villégiatures et la construction de plusieurs hôtels. C’est à proximité des gares des départs des deux téléphériques (Rochebrune et Mont d´Arbois) que la clientèle souhaitait se trouver encourageant ainsi la concurrence entre les deux sites. C’est ainsi qu’en 1935 Marc Maisonny, entrepreneur de chauffage central à Megève, crée au pied du téléphérique de Rochebrune le Sporting Club, ouvre une patinoire de 5000 m² transformable en piscine l’été, et en 1937 ouvre le grand hôtel de «la Résidence» (BALSEINTE, Raymond. Megève ou la transformation d´une agglomération montagnarde par les sports d´hiver. Thèse de 3e cycle. Université de Grenoble IGA, 1958, p. 60), palace de cent quatorze chambres. Rochebrune «allait alors devenir «le» lieu sélect de Megève» (PRAX, Michèle. Ibidem, p. 79-80). Plus récemment, une importante réalisation immobilière a été réalisée en contrebas immédiat de la gare de départ, assurant ainsi une nouvelle clientèle fidèle pour ce téléphérique.

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